Vaud libre déplore la confiscation faite aux Veveysannes et Veveysans de leur choix politique

Vaud Libre tient à exprimer son soutien aux deux municipaux de Vevey Libre, après la décision invraisemblable du Conseil d’Etat de prolonger leur suspension, malgré la décision du procureur d’écarter les principaux griefs ayant motivé son enquête. Le gouvernement vaudois continue de confisquer aux Veveysannes et Veveysans leur choix fait dans les urnes en 2016.

Rappelons que Michel Agnant et Jérôme Christen ont agi en donneurs d’alerte et n’ont fait que leur devoir : celui de mettre au jour les agissements douteux de leur collègue Lionel Girardin (PS), tandis que la majorité municipale tentait au contraire d’abord de les étouffer, puis ensuite de les minimiser. Une attitude qui avait également poussé Jérôme Christen à alerter le conseiller d’Etat Pierre-Yves Mailllard.

Vaud Libre constate que le Conseil d’Etat, en prenant des mesures inadaptées, a échoué dans sa tentative de calmer le jeu : l’éviction de deux municipaux n’a pas suffi à faire revenir la raison dans le collège municipal veveysan.

Instrumentalisation de la justice

Rappelons à ce propos le dernier épisode en date, à savoir l’envoi de deux commandements de payer d’un million de francs chacun à Michel Agnant et Jérôme Christen, pour « dégât d’image ». Une instrumentalisation de la justice surréaliste, que l’on croyait réservée aux régimes non démocratiques, et une attaque frontale contre les droits les plus fondamentaux des deux municipaux, qui se retrouvent privés à cause de cette poursuite d’un million inscrite à l’Office des Poursuites, par exemple de la possibilité d’emprunter ou de signer un bail à loyer, etc.

Si dégât d’image il y a, son origine est parfaitement connue et il ne convient pas d’inverser les rôles. Ce sont les agissements de Lionel Girardin et l’attitude douteuse de la majorité municipale qui prétéritent l’image de Vevey, et non pas l’action de donneurs d’alerte assumée par Michel Agnant et Jérôme Christen.

Le gouvernement s’écarte du fond du problème

S’ajoute à ceci le fait que le Conseil d’Etat, dans sa décision, prétend que la Municipalité semble avoir retrouvé une certaine sérénité. En utilisant cet argument pour prolonger une suspension, il s’écarte du fond du problème, soit l’enquête judiciaire, qui devrait seule motiver ses décisions. Le Conseil d’Etat n’a pas à utiliser des considérations en relation avec la politique locale veveysanne pour justifier sa décision. Il doit uniquement appliquer le droit, et de plus, de manière proportionnée.

En effet dans sa décision, le Conseil d’Etat fait totalement abstraction du principe de proportionnalité, puisque les principaux griefs à l’égard de Michel Agnant et Jérôme Christen ont été écartés par le procureur. L’enquête de ce dernier démontre que les faits reprochés aux deux municipaux Michel Agnant et Jérôme Christen sont largement infondés.

Griefs infondés

D’une part, la commission de gestion est tenue au secret et on ne voit pas ce qui pourrait justifier le fait que son droit à l’information soit restreint.

D’autre part, on ne voit pas non plus comment on pourrait interdire à des élus politiques de consulter leur conseiller politique dans une situation de crise comme l’a vécue la Municipalité de Vevey. La loi prévoit justement que c’est possible lorsque des circonstances particulières l’exigent, notamment en cas de dysfonctionnements. Or l’on se trouve précisément dans ce cas de figure.

Démarches de sape de la majorité municipale

Vaud Libre s’associe à Vevey Libre pour souligner que toutes les démarches de sape entreprises par la majorité municipale, avec l’aval du Conseil d’Etat, sont gravissimes, car de nature à créer un précédent.

ll devient de plus en plus difficile d’intéresser la société civile à des engagements au service de la collectivité. Comment le faire s’il apparaît que le risque encouru, pour avoir fait son devoir de surveillance des deniers communaux, est de se retrouver sous le coup d’une enquête judiciaire et d’une interdiction d’exercer son mandat, suivies de poursuites pour la somme d’un million de francs ?

La responsabilité du Conseil d’Etat est désormais lourdement engagée et Vaud Libre constate que notre gouvernement fait gravement fausse route dans son rôle de contrôle des activités communales.

 

 

 

 

 

 

 


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