Loi sur la prostitution: il faut des conditions favorables à l’obligation d’annonce

Vaud s’achemine vers une obligation de s’annoncer pour les travailleuses et travailleurs du sexe (TDS). Les responsables de salon devront obtenir une autorisation d’exploitation. La parlement vaudois a entamé mardi son examen de la loi qui vise à encadrer la prostitution comme le font les autres cantons romands.

Le groupe des députés PDC Vaud Libre estime indispensable de créer un rapport de confiance favorisant les annonces qui permettront d’informer les TDS de leurs droits.  C’est à ces conditions qu’il acceptera le projet de loi.

Le groupe PDC Vaud Libre s’est exprimé par la voix de son président Jérôme Christen lors du débat d’entrée en matière. «Il estime important de cadrer la prostitution de salon et protéger celle-ceux qui l’exercent, et l’acceptera  à la condition que la loi soit corrigée afin que l’obligation de s’annoncer se concrétise dans la réalité. Sans quoi, la portée déjà restreinte de la loi, faute de ressources humaines suffisantes, sera réduite à néant.

Pour ce qui est de la prostitution de rue, la marge de manœuvre du parlement est nulle dès lors que nous n’avons au travers de cette loi aucune prise sur les décisions prises par la ville de Lausanne, seul lieu, à notre connaissance, de prostitution de rue dans notre canton. D’autant que le présent projet de loi ne traite pas de la prostitution de rue. C’est dommageable.

Dégradation de la situation

Comme cela avait été prédit par les travailleuses et travailleurs du sexe, avec l’appui de l’Association Fleur de Pavé, les mesures prises par la ville de Lausanne ont en effet détérioré leurs conditions de travail et précarisé leur situation notamment en terme de sécurité. Plutôt que d’être dans des appartements, les actes se déroulement désormais à ciel ouvert, dans des voitures ou alors chez leurs clients ce qui est déconseillé par Fleur de Pavé, car cela les mets en danger, comme cela ressort du rapport de la commission.

Nous regrettons que ce projet de loi abandonne le problématique de la rue aux communes. D’autant que l’obligation d’annonce pourrait générer une augmentation de la prostitution de rue à Lausanne et en faire naître dans d’autres villes du canton.

De manière générale, le but de cette loi doit clairement viser à protéger les professionnels de la prostitution en leur donnant accès à toutes les informations utiles, notamment celles relatives à leurs droits, afin de protéger ces personnes en situation de vulnérabilité. L’obligation d’annonce doit exclusivement viser ce but sans quoi, on court à l’échec. Les garanties données par la Conseillère d’Etat nous paraissent suffisantes, même si la politique restrictive en matière d’asile du Conseil d’Etat pourrait être de nature à nous faire douter.»

Pour Béatrice Métraux, ces mesures sont nécessaires et urgentes. «La situation sur le terrain devient préoccupante. Il y a une dégradation des conditions dans lesquelles les travailleurs du sexe oeuvrent», a-t-elle regretté évoquant notamment la pression sur les prix ou l’hygiène. Cette loi répond en effet à une intervention parlementaire datant de 2008. La thématique a été relancée en 2014. Le Conseil d’Etat ne doit donc s’en prendre qu’à lui-même si le dossier n’a pas avancé plus vite. Par ailleurs si la situation s’est dégradée à Lausanne, c’est en raison des mesures prises par la ville de Lausanne.

https://www.20min.ch/ro/news/vaud/story/Il-faudra-s-annoncer-pour–tre-travailleur-du-sexe-27891511

 


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