Il faut sauver le travail de réinsertion sociale du berger Grillon!

«Il faut sauver le travail de réinsertion sociale du berger Grillon!» C’est le titre d’une interpellation que le député Jérôme Christen lors de la séance du Grand Conseil vaudois du 3 juillet dernier. Après 8 ans d’activité le travail social du berger Grillon a failli être anéanti. On a frôlé l’impasse et on est encore proche du gâchis.

En octobre dernier, on apprenait que Jean-Marie Grillon, armailli qui exploitait l’alpage et la Buvette des Petits-Lacs, au-dessus des Mosses, allait devoir quitter son estivage sur décision du propriétaire, la commune d’Ormont-Dessous en raison de l’implantation sans autorisation de yourtes autour du chalet, installations pourtant nécessaires pour son travail social grandissant.

Une bien mauvaise nouvelle dès lors que son travail, au milieu des pâturages avec des jeunes en rupture, à la demande des tribunaux mineurs romands, était largement salué. M. Grillon accueille des jeunes dont ne sait plus que faire dès lors que toutes les méthodes usuelles ont échoué et réussit très souvent à les remettre en selle.

La syndique d’Ormont-Dessous, Gretel Ginier, expliquait à 24 Heures que: «depuis deux ans, M. Grillon a monté des yourtes (Note : démontables et rangées pour l’hiver) et des tentes autour de la buvette sans autorisation. Nous l’avons averti en début de saison, puis nous avons demandé au Canton si c’était en ordre, mais la réponse a été négative.»

Pour le moins déçu, Jean-Marie Grillon ! Il n’est pas le seul d’ailleurs. On le serait pour moins. Alors qu’il amenait une réponse aux problèmes de la jeunesse, en plus de développer du tourisme (2500 à 3000 personnes l’été 2017) – sans aide de l’Etat –, il se voit écarté sans qu’une solution soit trouvée. M. Grillon avait alors lancé un appel public pour louer ou acheter un autre alpage. Seules conditions: qu’il soit situé au minimum à 1800 mètres et qu’il n’y ait ni eau ni électricité.»

Malheureusement, on a appris mercredi dernier que son appel lancé pour trouver un autre site était resté sans effet et qu’aucune solution n’avait été trouvée pour éviter la fin programmée de cet énorme travail social qui ne coûte pas un franc à l’Etat et dont la justice des mineurs bénéficie régulièrement pour placer des jeunes écorchés « remis en selle à force de lever matinaux, de labeurs en pleine nature, d’engueulades bien senties et de longues palabres à la lueur des chandelles » selon le descriptif fait par 24 Heures.

  1. Grillon a fait une nouvelle tentative de trouver une solution avec les autorités ormonanches, mais celles-ci n’ont pas abouti, malgré sa proposition de renoncer au volet touristique pour se concentrer sur le volet social. Il a essuyé un nouveau refus faute de document officiel exigé par la syndique d’Ormont-Dessous selon 24 Heures qui ajoute que le papier manquant, c’est le Service de protection de jeunesse qui peut le délivrer, Cette autorisation est toutefois tributaire de l’existence d’un lieu d’accueil pour les enfants… C’est donc le serpent qui se mord la queue.Une issue semblait poindre avec le Service de protection de la jeunesse (SJP) qui a expliqué à 24 Heures que jusqu’ici M. Grillon était agréé à prendre en charge des jeunes puisqu’il disposait d’une autorisation délivrée par Caritas Montagnards avec qui le SPJ a un protocole de collaboration. L’Unité de pilotage des prestations éducatives contractualisées (UPPEC) du SPJ pourrait lui accorder une autorisation débouchant sur une solution, mais cela semble compromis. Mardi 26 juin, M. Grillon a reçu l’ordre de démonter ses installations au 1er juillet et il y a donc urgence à trouver une solution.

Dans ce contexte, j’aimerais poser les questions suivantes :

  1. Est-il exact que le Service du développement territorial a mis son veto à ces installations ? Si oui, pour quelles raisons ? L’Etat de Vaud ne peut-il pas prévoir un régime d’exception au vu de l’importance du rôle de réinsertion sociale assuré par M. Grillon et de l’occupation saisonnière des lieux ?
  2. Quelles mesures l’Etat de Vaud entend-il prendre pour trouver une issue à ce problème que ce soit sur le site des Petits Lacs ou ailleurs, au vu de l’intérêt incontestable sur le plan social, pour ces jeunes, d’une réinsertion par des activités touristiques et agricoles attestée par la Justice des mineurs qui considère qu’il s’agit d’une ressource précieuse au vu des difficultés de placement des jeunes en rupture et des résultats positifs obtenus ?

Vevey le 26 juin 2018                                            Jérôme Christen

Photo: 24 Heures.


Laisser un commentaire