Patrimoine architectural et archéologique: il faut une politique cohérente!
Jérôme Christen, député

Jérôme Christen, député

La restauration et la sauvegarde d’un bâtiment, aujourd’hui  ne dépend pas forcément de son intérêt patrimonial, mais des moyens de son propriétaire et de sa bonne volonté. C’est ce qui m’a conduit demander à l’Etat de Vaud qu’il définisse une politique cohérente en matière de protection du patrimoine. Ce postulat fait suite au débat sur l’octroi du crédit pour la restauration de l’abbatiale de Payerne. Il a été déposé en concertation avec le Vert Yves Ferrari qui a également déposé un texte complémentaire. Voici le texte.

Postulat pour une véritable politique de préservation du patrimoine architectural et archéologique dans le canton de Vaud.

La politique vaudoise en matière de préservation et de mise en valeur du patrimoine architectural souffre d’une situation paradoxale. Le canton protège et classe, mais le plus souvent ne finance pas sauf s’il est propriétaire.

La restauration d’un bâtiment ne dépend actuellement pas de son intérêt patrimonial, mais des moyens de son propriétaire et de sa bonne volonté. Depuis environ vingt ans, l’Etat ne subventionne plus la restauration de monuments historiques appartenant à des communes et à des tiers, à de rares exceptions près comme récemment l’abbatiale de Payerne.

Seul le patrimoine propriété de l’Etat par les aléas de l’histoire – et non celui qui a la plus grande valeur patrimoniale – a l’assurance d’être  restauré et sauvegardé, soulignait l’an dernier le journaliste de 24 Heures, Justin Favrod dans une analyse largement reprise dans le présent texte.Payerne

L’effort consenti par le Conseil d’Etat pour l’abbatiale de Payerne, grâce à une pression intense de la députation de la Broye et de la députée-syndique de Payerne, ne doit pas cacher la réalité. Depuis vingt ans,  les mosaïques romaines d’Orbe dorment sous une couche de sable alors que de nombreuses oeuvres moins spectaculaires sont exposées et valorisées.

Autre exemple, le  théâtre antique d’Avenches a fini par être restauré alors que les murailles romaines, d’une longueur de 5,5 km – qui n’ont pas d’équivalent en Suisse – ne doivent leur salut qu’à un don important de la Société de tir des bourgeois.

Les communes ne disposent pas toujours de moyens financiers suffisants lorsqu’il s’agit de rénover leurs monuments.

Paradoxe, dans un autre registre, la commune de Vevey se voit refuser la démolition d’une marquise dont personne ne veut financer la restauration au vu de son peu d’intérêt : le Conseil communal a refusé un crédit en ce sens et  le Conseil d’Etat n’est jamais en matière sur une participation financière. La commune de Vevey se contente dès lors d’un entretien sommaire surtout pace qu’il permet de maintenir les places de parc situées sous ce témoin d’une époque.

Le présent postulat demande au Conseil d’Etat :

  • d’élaborer une politique cohérente de conservation du patrimoine architectural et archéologique.
  • de définir notamment quels sont les critères scientifiques qui permettent de décider dans à quelles conditions il apporte son soutien financier et quelle est la hauteur de ce dernier.

Jérôme Christen le 28 mars 2013.

Légende photo : la commune de Payerne a de la chance : elle bénéficie d’un soutien de l’Etat de Vaud pour la rénovation de son abbatiale. (Photo: O.Rapin, Office du Tourisme Jura-Trois Lacs)



1 Commentaire
  1. Bravo pour ce postulat.!
    l’étranglement du financement pour notre patrimoine, dans plusieurs domaines, est un appauvrissement de notre culture, de notre appartenance, de notre identité…

    Merci

    Pierre Pache

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