Noville comme Bonfol : stop aux apprentis-sorciers !

Vaud Libre

Vaud Libre Riviera, Montreux Libre et Vevey Libre demandent à nouveau à l’Etat de Vaud de mettre un terme à l’épandage de produits toxiques par la voie des airs à la décharge des Saviez à Noville. Cette requête s’appuie sur une étude accablante publiée par la Fondation Mart réalisée par un expert reconnu. Contrairement aux affirmations de l’Etat de Vaud,  ces lixiviats ont un caractère toxique, ils peuvent s’accumuler dans les sols et ils sont incompatibles avec une aspersion régulière de la faune locale.

Cette étude a été réalisée par Jean-Louis Walther, ingénieur-conseil en environnement spécialisé dans le domaine des eaux, fondateur du réputé bureau d’ingénieurs RWB à Porrentruy et actuellement responsable du bureau ENVIReau à Courtedoux.

Les préoccupations soulevées en août par la Fondation Mart et Vaud Libre Riviera,  Montreux Libre et Vevey Libre – quant aux effets néfastes que pourrait avoir l’aspersion des lixiviats sur l’écosystème – sont malheureusement confirmées par le résultat de ces analyses consécutives à des prélèvements effectués le 7 août selon des méthodes reconnues.

Décharge des Saviez

Après nous avoir assuré au mois d’août que l’expérience serait interrompue si les résultats n’étaient pas probants, l’Etat de Vaud a fait savoir en septembre que les essais étaient concluants et qu’il les poursuivait.  Il assurait qu’aucune incidence néfaste sur la flore ou la faune n’était à craindre de cet arrosage et qu’il ne mettait en aucun cas en danger l’équilibre de la réserve des Grangettes.

Il faut aujourd’hui malheureusement déchanter. Les analyses présentées dans les rapports du Service des eaux, sols et assainissements sont erronées et incomplètes dès lors qu’elles se sont focalisées sur l’ammonium, tandis que celles d’ENVIReau ont élargi le champ de vision à quelques particularités organiques.

Parmi les substances qui ont pu être détectées, on y trouve des hydrocarbures comme la créosote dont on en enduisait les traverses de chemin de fer, et qui sont considérées comme cancérigènes.

Les eaux épandées comprennent également en forte concentration, des polluants typiques de déchets chimiques comme l’éthylaniline, l’éthoxyquine  ainsi qu’une substance inconnue dont le spectre n’est rencontré que sur des sites de déchets chimiques comme Bonfol (JU), Roemisloch (Alsace), Feldreben (Bâle-campagne).

Même si les concentrations de métaux ne posent pas de problème particulier, les analyses « démontrent que les jus arrosés sur la forêt, la faune et la prairie de compensation naturelle qui couvrent la décharge des Saviez sont loin de ne contenir que de l’ammonium (…)  Les polluants détectés sont reconnus de manière générale comme problématiques. »

Nous regrettons que le SESA, malgré nos avertissements et nos demandes d’interruptions d’aspersions, se soit permis de continuer à jouer les apprentis-sorciers dans une zone située à proximité de bas-marais inscrits dans plusieurs inventaires au niveau national et international et que ces épandages présentent un danger inacceptable pour la faune et la flore et un risque de pollution pour la nappe phréatique.

Nous souhaitons que des mesures soient prises pour que ces jus soient assainis comme prévu initialement, soit leur traitement par la station d’épuration de Roche, pour autant que celle-ci dispose des équipements adéquats ou toute autre méthode respectueuse de l’environnement.

Vaud Libre Riviera, Montreux Libre et Vevey Libre, vont continuer à suivre ce dossier de près en collaboration avec la Fondation Mart, les associations Pro Natura et le gardien de la réserve des Grangettes, un site d’importance internationale.

Le rapport peut être téléchargé sur :
http://mart.ch/wa_files/Screenings_Les_20Saviez_Octobre_2012_def.pdf

Jérôme Christen, Député Vaud Libre, 021 510.15.20
Christophe Privet, Vice-Président, Conseiller Communal de Montreux, 021 510.15.20



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